MA n°J041217 

COUPURE

Avec Coupure, DEC (Christophe Julien) poursuit une recherche plastique où le geste, la matière et la rupture deviennent des vecteurs de transformation. Cette nouvelle série d’œuvres, s’inscrit dans un moment charnière de sa pratique : un temps où l’interruption, la fracture et le déplacement des formes ne sont plus seulement des accidents, mais les conditions mêmes de l’apparition de l’image.


La coupure, dans le travail de DEC, est à la fois un acte et une pensée. Elle agit comme un principe opératoire. Elle entaille la surface, modifie les continuités visuelles et introduit une instabilité dans la composition. Pourtant, loin de produire un simple effet de rupture, elle ouvre un espace de recomposition. Ce qui est séparé devient l’occasion d’un nouvel agencement.


Cette tension entre destruction et émergence traverse l’ensemble des œuvres présentées dans l’exposition. Les surfaces semblent parcourues de lignes de faille, de discontinuités ou de fractures qui perturbent l’équilibre initial. Ces perturbations produisent une dynamique interne où les formes se déplacent, se réorganisent et génèrent des territoires visuels instables mais fertiles.


Dans cette pratique, la matière occupe une place centrale. Elle porte la mémoire des gestes, des strates et des interventions successives. Chaque œuvre apparaît comme un espace travaillé par le temps, où les couches se superposent, se recouvrent ou se révèlent partiellement. La coupure agit alors comme un révélateur : elle met à nu certaines tensions internes de la surface et laisse apparaître ce qui demeurait enfoui.


Le regard du spectateur est ainsi invité à traverser ces zones de fracture. Il ne s’agit plus seulement d’observer une composition stable, mais de parcourir un champ de forces. Les interruptions visuelles, les arrêts brusques ou les déplacements de matière ouvrent des espaces d’interprétation où l’imaginaire peut circuler.


Présentée au moment de la réouverture printanière de La Petite Galerie, l’exposition Coupure prend également une dimension symbolique. Après la suspension de l’hiver, l’espace d’exposition retrouve son activité et accompagne ce mouvement de renouveau. Dans ce contexte, les œuvres de DEC peuvent être lues comme des métaphores du passage : ce qui se brise, se fissure ou se transforme devient aussi le point de départ d’une nouvelle énergie créatrice.


L’année 2026 s’ouvre ainsi sous le signe d’une création en mouvement, où la coupure n’est pas seulement un geste de séparation, mais une possibilité de réinvention.

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